À l’approche des 24 Heures du Mans les sarthois auront un œil particulier sur les performances de l’enfant du pays Sébastien Bourdais. Cadillac Hertz Team JOTA nous livre ici une interview fort sympathique du pilote phare de notre Ligue !
Quel âge aviez-vous lorsque vous avez assisté pour la première fois aux 24 Heures du Mans ? Quels souvenirs en gardez-vous ?
La première fois, j’avais peut-être cinq ans, quelque chose comme ça. Nous allions toujours au moins assister aux essais de nuit ou à une séance pour voir les voitures. Nous habitions très près du virage de Mulsanne et d’Indianapolis et il était toujours très intéressant de regarder depuis l’extérieur du circuit. Il y avait les gros freinages et les disques de frein rougissants, je m’en souviens très bien. À cette époque, je regardais cela sans le regard d’un initié, car mon père n’avait pas encore participé au Mans, mais j’ai pratiquement grandi sur les circuits. Même si les voitures étaient différentes, c’était un environnement familier pour moi. Je regardais donc tout cela avec les yeux d’un enfant qui avait grandi dans le monde de la course automobile.
Vos parents assistent à beaucoup de vos courses en WEC. Quelle importance cela a-t-il pour vous de les avoir à vos côtés lors des compétitions ?
Je suis fils unique, donc nous avons toujours été très proches et la course automobile est clairement une passion que nous partageons. Je n’ai pas toujours le temps de passer beaucoup de moments avec eux pendant les week-ends de course, mais j’apprécie toujours leur présence et le fait de partager cette passion qui nous a toujours unis. En sport automobile, on perd plus souvent qu’on ne gagne, même lorsqu’on a une carrière exceptionnelle, mais nous avons vécu et célébré ensemble de nombreux grands moments. Cela a toujours renforcé nos liens.
Votre père était lui-même pilote et vous avez même participé tous les deux aux 24 Heures du Mans la même année, bien que dans des voitures différentes. Quelle influence a-t-il eue sur votre carrière ?
Mon père a couru avant ma naissance et jusqu’en 2007. Je ne sais pas exactement dans quelle mesure il m’a influencé, mais il a certainement rendu ma carrière possible. Nous n’étions pas une famille très aisée et, heureusement, la course coûtait beaucoup moins cher à l’époque qu’aujourd’hui ; sinon, je ne serais jamais devenu pilote professionnel.
Grâce à son travail, il disposait d’un réseau d’amis qui ont pu nous aider au début de ma carrière. Je ne serais pas là aujourd’hui sans tout ce que mon père a fait pour moi et pour ma carrière. Son rôle a été fondamental. Comme il n’avait jamais pratiqué le karting ni la monoplace, il ne cherchait pas à me dire comment piloter. En revanche, il s’assurait toujours que j’avais les moyens nécessaires pour performer et les bonnes personnes autour de moi pour m’aider à progresser.
Vous avez participé à ce que beaucoup considèrent comme les trois plus grandes courses du monde (Le Mans, le Grand Prix de Monaco de F1 et les 500 Miles d’Indianapolis). Qu’est-ce qui rend ces épreuves si mythiques, celles que tout le monde rêve de gagner ?
Tous les grands événements du sport automobile, comme Le Mans, Monaco, Indianapolis, mais aussi dans une certaine mesure Daytona, Sebring ou le Nürburgring, possèdent avant tout une histoire. C’est l’élément le plus important. Une histoire construite par les plus grands pilotes, les meilleures équipes et les voitures les plus emblématiques. C’est ce qui crée les légendes et les héritages.
Ensuite, ces événements atteignent une dimension et un niveau d’engagement totalement différents. Quand on y participe, ce n’est comparable à rien d’autre. Tout le monde veut gagner parce qu’on souhaite faire partie de l’histoire de ce sport que l’on aime tant. Il y a une immense fierté à rejoindre cette galerie de légendes.
Pour moi, Le Mans représente encore davantage que les autres, parce que j’y ai grandi et que j’y ai couru de nombreuses fois. J’ai frôlé la victoire à plusieurs reprises. C’est une course extrêmement difficile à gagner et, qui sait, peut-être que cette année sera la bonne !
Quel est votre plus grand accomplissement sportif à ce jour ?
Ce sont forcément mes années en Champ Car et mes quatre titres consécutifs. Je crois que cela représente 31 victoires et poles en 73 courses. Toute cette expérience, la cohésion avec l’équipe, l’esprit de famille qui régnait, l’effort collectif nécessaire pour maintenir un tel niveau de domination, ainsi que le contrôle que j’avais sur cette voiture dès les premiers tours, ont rendu cette période exceptionnelle.
Cette voiture correspondait parfaitement à mon style de pilotage. Cela restera sans aucun doute la plus belle période de ma carrière. Je suis fier de beaucoup de choses accomplies depuis, mais c’est certainement ce qui ressort le plus lorsqu’on regarde l’ensemble de mon parcours.
Préparez-vous Le Mans différemment des autres courses du WEC ? Si oui, comment ?
Je ne pense pas que nous préparions Le Mans de manière particulièrement différente des autres courses. Chaque épreuve du WEC demande énormément de travail. Tous les pilotes et l’ensemble de l’équipe sont concentrés sur la performance à chaque rendez-vous.
Bien sûr, tout le monde veut gagner Le Mans un peu plus que les autres courses, mais le processus reste essentiellement le même. La principale différence est le temps passé en piste, beaucoup plus important au Mans. Entre la journée test, les différentes séances d’essais et les multiples séances de qualifications, on arrive généralement au départ de la course en se sentant beaucoup mieux préparé que lors de certaines épreuves où l’on n’a parfois effectué qu’une quinzaine de tours.
Comment avez-vous occupé votre temps entre Spa et Le Mans ?
Nous avons eu une séance d’essais, donc je suis allé à Silverstone pour deux jours de tests. Ensuite, je suis allé directement au simulateur à Indianapolis, ce qui fait partie du processus normal pour optimiser les réglages.
Nous travaillons constamment pour trouver la meilleure configuration possible. Le travail ne s’arrête jamais. Que ce soit pour Le Mans ou pour une autre course du WEC, la préparation reste la même. La seule différence est qu’une course de 24 heures demande toujours un peu plus de préparation, surtout pour l’équipe, qui doit prévoir davantage de pièces de rechange et mobiliser plus de personnel car la semaine est longue.
Pour les pilotes, ce n’est pas simple, mais c’est encore plus difficile pour l’équipe technique. Concernant ma préparation physique, elle se poursuit toute l’année ; on ne peut pas compenser au dernier moment avant Le Mans. Cette course est davantage une question de gestion de la fatigue que de condition physique pure. Lorsqu’il fait très chaud, l’épreuve devient plus exigeante pour le corps, donc l’hydratation tout au long de la semaine est essentielle. Mais, dans l’ensemble, je ne fais rien de vraiment différent.
Communiqué Cadillac Racing – Inside Track Communications